Nicolas Stakhovitch

(1958-1994)

Als Gralphs Nichte mir am Telefon den Tod ihres Onkels mitteilte – meines Freundes, meines einzigen Freundes, meines einzig wahren Freundes, wie gesagt werden muss – mit ihrer honigsüßen Stimme, früh am Morgen, und das auch noch am Tag seiner Beerdigung, schossen mir sofort Hunderte und Aberhunderte von Gedanken durch den Kopf, Hunderte und Aberhunderte Gralph betreffende Gedanken, Gralphs Leben, Gralphs Tod, Gralphs Leben und Tod, denn von nun an konnte nichts mehr Gralphs Leben von Gralphs Tod trennen, nachdem es für mich, der ich sein bester Freund gewesen war, nicht den leisesten Zweifel daran gab, dass Gralph sich absichtlich das Leben genommen hatte. (…) unwürdig, ungehörig, mich im letzten Moment und wahrscheinlich als letzter vom Tod Gralphs zu unterrichten, der ich, wie seine Nichte gut wusste und wie niemand übersehen konnte, sein bester Freund war, und darüber hinaus zu versuchen, mich glauben zu machen, dass er an einem einfachen Herzstillstand gestorben sei, ohne Bewusstsein und ohne Leiden, das heißt, mich belügen, mich, seinen besten Freund, über die Umstände seines Todes.

 

Nicolas Stakhovitch: Les Aphorismes de Gralph, Paris: Maurice Nadeau 1991, S. 7f. (Übers. J. W.).

Zitat im Original

» Quand la nièce de Gralph m’a annoncé au téléphone la mort de son oncle – mon ami, mon seul ami, mon seul vrai ami, il faut bien le dire – avec sa voix mielleuse, tôt le matin, et qui plus est le jour même de son enterrement, ce sont des centaines et des centaines de pensées qui ont aussitôt déferlé dans ma tête, des centaines et des centaines de pensées concernant Gralph, la vie de Gralph, la mort de Gralph, la vie et la mort de Gralph, car désormais rien ne pouvait plus séparer la vie de Gralph de la mort de Gralph, étant donné qu’il ne faisait pas l’ombre d’un doute, pour moi qui avais été son meilleur ami, que Gralph s’était délibérément donné la mort. (…) indigne, indécent de me prévenir au dernier moment et vraisemblablement en dernier de la mort de Gralph dont j’avais été, comme sa nièce le savait bien et comme personne ne pouvait l’ignorer, le meilleur ami, et qui plus est de tenter de me faire croire qu’il était mort d’un simple arrêt du cœur, sans conscience et sans souffrance, c’est-à-dire me mentir, à moi son meilleur ami, sur les circonstances de sa mort.« (Stakhovitch 1991: 7f)